L'avenir de l'Arctique : gigantesques défis et immenses opportunités

23 août 2016

Bruxelles, le 23 août 2016 -  La région arctique d’aujourd’hui et de demain est placée sous le signe des « changements et des défis ». Tel était l’essentiel du message délivré par le général de division Kim Jesper Jørgensen, à la tête du commandement arctique du Commandement danois de la défense, aux membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Du 15 au 19 août, la sous-commission sur les tendances technologiques et la sécurité (STCTTS) de la commission des sciences et des technologies (STC) s’est rendue à Copenhague, au Groenland et aux îles Féroé. Le Groenland et les îles Féroé font partie du Royaume du Danemark, mais possèdent leur propre gouvernement qui jouit d’une grande autonomie.

La visite était axée sur l’impact du changement climatique sur la région, son importance géostratégique croissante, les défis sécuritaires, et les perspectives de coopération régionale et internationale plus étroites. Parmi les interlocuteurs se trouvaient des membres des gouvernements et des parlementaires groenlandais et féroïens, ainsi que des représentants du Commandement danois de la défense. Quatorze parlementaires issus de 12 États membres de l’OTAN participaient à la visite. La délégation était menée conjointement par Jacques Gautier (vice‑président, STC, France), Bruno Vitorino (vice-président, STC, Portugal), Philippe Vitel (rapporteur général, STC, France), et Osman Askin Bak (rapporteur spécial, STC, Turquie).

La superficie du Groenland équivaut à celle de l’Allemagne et la France réunies, tandis que celle de la zone économique exclusive des îles Féroé se rapproche du Royaume-Uni. Vivre et travailler dans ces environnements a toujours été extrêmement difficile, mais les nouveaux défis de la région sont aujourd’hui presque tous liés au changement climatique. Les ressources énergétiques sont de plus en plus accessibles, de nouvelles voies de navigation s’ouvrent, les stocks halieutiques se déplacent, le nombre de touristes et les risques environnementaux augmentent, et les demandes de recherche et de sauvetage sont croissantes.

Pour Vittus Qujaukitsoq, le ministre groenlandais de l’industrie, du commerce et du travail et des Affaires étrangères, les Groenlandais sont témoins d’un « changement plutôt rapide dans l’Arctique ». Le gouvernement a donc pour responsabilité de minimiser les risques qui découlent du changement climatique, mais aussi de tirer le meilleur parti des opportunités qu'il offre pour combattre le chômage, exploiter les ressources naturelles du Groenland et attirer plus de touristes dans le pays. Cependant, la vice-présidente de la commission de la sécurité et des affaires étrangères de l’Inatsisartut (le parlement groenlandais) et membre de l’opposition Sara Olsvig jugeait que le changement climatique dans l’Arctique n’aurait aucune retombée positive. Elle a ainsi souligné le rôle du Groenland dans la protection environnementale assurée par le Conseil de l’Arctique. Høgni Hoydal, le vice-Premier ministre et ministre des pêches, a aussi insisté sur le fait que dans les îles Féroé, tout « reposait sur le poisson », et que le développement durable de ces ressources vivantes était donc essentiel.

À l’inverse de nombreux commentateurs étrangers, le général de division Jørgensen ne voyait pas de « ruée vers l’Arctique » pour le moment. En outre, il a souligné les bonnes relations que les autres États de l’Arctique entretenaient avec les responsables russes dans les cadre de différents forums. En effet, il jugeait souhaitable une une plus grande coopération entre la Russie et l’Arctique,  dans la mesure où celle-ci est possible sur les plans pratique et politique.

Au Groenland, les membres de l’AP-OTAN ont également discuté de ces sujets à l’institut des ressources naturelles, au Centre de recherche sur le climat du Groenland et à la Direction des ressources minérales. Ils ont visité un patrouilleur océanique classe Thetis à Nuuk et à la Station Nord, une base militaire danoise abritant la piste d’atterrissage la plus septentrionale au monde et la station de recherches Villum de l’université d’Aarhus. Dans les îles Féroé, Poul Michelsen, le ministre des affaires étrangères et du commerce, a donné son point de vue sur l’avenir de la région lors d’une visite du patrouilleur océanique Brimil.

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