Malgré un budget limité, le Canada contribue grandement à la sécurité des pays membres de l’Alliance

07 octobre 2016

Bruxelles, le 7 octobre 2016 - Le Canada a renforcé ses engagements en matière de sécurité internationale lors du sommet de l’OTAN à Varsovie en juillet dernier. Ottawa va dépêcher environ 450 soldats en Europe pour assurer le commandement d’un bataillon qui rejoindra la Lettonie en 2017 dans le cadre de la nouvelle présence en avant renforcée de l’OTAN dans cette zone. Qui plus est, le Canada continuera de consacrer des ressources sur le plan national et à l’étranger pour renforcer la stabilité internationale et se penchera sur la gestion de la crise des réfugiés syriens et sur l’assistance au développement et à la sécurité en Afghanistan.

Dans un contexte de sécurité internationale de plus en plus complexe, le Canada est contraint de reconsidérer ses engagements internationaux en matière de sécurité et perçoit également la nécessité de réaffirmer ses engagements en matière de sécurité en Amérique du Nord, lesquels intègrent désormais trois fronts maritimes, le littoral arctique du Canada étant de plus en plus accessible.

S’efforçant de répondre à l’ensemble des exigences en matière de sécurité identifiées dans sa récente révision de défense nationale et de satisfaire aux engagements du sommet de Varsovie, le gouvernement Trudeau est néanmoins confronté à d’importantes pressions en matière de budget de défense. Il doit également faire face à un ensemble de dilemmes liés à la modernisation des forces et à l’acquisition de systèmes de défense essentiels. Le budget du Canada consacré à la défense oscille actuellement autour de 1 % du PIB, soit environ la moitié de l’engagement pris par tous les États membres de l’OTAN lors du sommet du pays de Galles il y a plus de deux ans. Dans le même temps, le Canada fait preuve d’empressement, de générosité et d’innovation dans sa politique d’accueil des réfugiés syriens de Jordanie, du Liban, de Turquie et d’autres pays de cette zone. Tel a été en substance le message délivré à une délégation de parlementaires de pays membres de l’OTAN qui s’est rendue à Ottawa du 26 au 28 septembre.

John McKay, le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale, a déclaré à la délégation que le Canada contribuait de façon significative à la sécurité dans les pays baltes et en Afghanistan, mais que le montant actuel de ses dépenses militaires avait entraîné des retards dans des projets d’acquisition essentiels. D’après John McKay, le Canada est conscient que le contexte changeant de la sécurité internationale l’oblige à endosser un rôle plus large dans la politique intérieure et étrangère.

Ainsi, le Canada met tout en œuvre pour apporter sa contribution : projets de renforcement de capacités de défense en Iraq, rôle cadre dans la mise en place du nouveau bataillon de l’OTAN en Lettonie, assistance au développement et à la sécurité au profit de l’Afghanistan et au-delà. Selon John McKay, un défi essentiel consiste à convaincre l’opinion publique canadienne que tout ceci exige des sacrifices financiers de la part du pays. Le Canada doit également recentrer son attention sur la sécurité en Amérique du Nord, ce qui implique d’accroître ses capacités navales et aériennes par l’acquisition de nouvelles plates-formes d’armes importantes, qui vont de l’avion de combat Joint Strike Fighter F-35 à une flotte moderne pour surveiller le littoral arctique. Le vice-amiral Ron Lloyd, commandant de la Marine royale canadienne, a déclaré à la délégation que le Canada avait besoin de destroyers polyvalents et d’une nouvelle classe de frégates pour mener à bien des missions de lutte anti-sous-marine et de défense aérienne. Par ailleurs, le Canada s’efforcera de renforcer ses plates-formes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance. 

David Perry, analyste principal à l’Institut canadien des affaires internationales, a toutefois signalé que les niveaux de financement actuels et prévus empêchaient les forces militaires d’exécuter ces missions. Ainsi, le Canada devra trouver d’autres sources de financement ou revoir ses ambitions à la baisse. Le décalage actuel entre les ambitions proclamées et le financement n’est pas tenable selon lui.

Cependant, la contribution du Canada à la sécurité internationale ne se limite pas au plan militaire. Dawn Edeland, qui a conduit la politique de réinstallation des réfugiés au Canada, a déclaré à la délégation que l’afflux soudain de près de 26 000 réfugiés syriens au Canada, sur une période très limitée, exigeait un effort de coordination de grande ampleur de la part des ministères du gouvernement, des gouvernements provinciaux et locaux, des partenaires internationaux et des organisations de la société civile au Canada et à l’étranger. Le gouvernement Trudeau a fait de la réinstallation des réfugiés une priorité politique absolue et a rapidement mobilisé du personnel, des ressources et un capital diplomatique pour accueillir en peu de temps un très grand nombre de réfugiés syriens.

La délégation a appris que le Canada mettait en œuvre à la fois une initiative gouvernementale et un programme de réinstallation privé mobilisant directement des organisations de la société civile canadienne et des citoyens. Cette stratégie duale a considérablement facilité la mise en œuvre d’une initiative très complexe impliquant l’identification des éventuels réfugiés entrant dans le pays, le contrôle complet, les examens médicaux, le transport vers le Canada, la mise à disposition d’un logement, la couverture des besoins alimentaires, les soins de santé et les autres services sociaux de base, l’installation et l’intégration des communautés, l’apprentissage de la langue et enfin l’emploi. Selon les estimations des représentants canadiens, 90 % des nouveaux réfugiés syriens étaient sur le point d’obtenir la nationalité canadienne. Dans les discussions avec les représentants canadiens, les membres de la délégation ont pu constater que la situation au Canada était radicalement différente de celle en Europe. L’isolement géographique du Canada lui laisse le temps de contrôler les réfugiés tandis que son étendue géographique a permis d’accueillir les réfugiés sur l’ensemble du territoire canadien. Plusieurs parlementaires ont toutefois noté que l’engagement de la société civile canadienne était inédit et que cette stratégie offrait une nouvelle approche dont les autres pays membres de l’Alliance pourraient s’inspirer. Le Canada a commencé à partager son expérience avec plusieurs pays intéressés.

Un groupe de 26 parlementaires nationaux issus de 14 pays membres de l’Alliance a participé à cette visite au Canada. Les parlementaires se sont également rendus au chantier naval Bath Iron Works dans le Maine et dans les universités de Boston et de Harvard. Dirigée conjointement par le parlementaire norvégien Sverre Myrli et le député français Francis Hillmeyer, la délégation était composée de membres de la sous-commission sur la coopération transatlantique en matière de défense et de sécurité et de la sous-commission sur la transition et le développement de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

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