Oman réclame une solution diplomatique à la guerre en Syrie et aux crises de la région du Golfe

10 octobre 2016

10 octobre 2016 - Lors de sa visite à Oman la semaine du 26 septembre, les défis sécuritaires rencontrés par les États côtiers du Golfe (tout particulièrement les guerres civiles en Syrie et au Yémen et la menace posée par Daech) étaient au premier rang des priorités de la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

Les interlocuteurs du pays hôte, dont Mohammed Awad Al Hassan, sous-secrétaire intérimaire aux Affaires diplomatiques, et le général de division Muhad Bin Mubarak Al Mashaiki, secrétaire général en charge des Affaires militaires, ont souligné que les crises en Syrie et en Iraq avaient pris une dimension internationale et eu un impact négatif sur la stabilité de la région.

Bien qu’Oman ne soit pas directement menacé par Daech, la délégation a appris que la sécurité du pays avait été fragilisée par la situation sécuritaire instable dans le Golfe. Lutter contre Daech et les autres groupes religieux extrémistes demandera une coopération internationale, notamment entre les pays du Golfe. Mais les tensions régionales entre les États côtiers du Golfe continuent de freiner les progrès dans cette lutte. Les représentants omanais étaient tout particulièrement préoccupés par la détérioration de la situation sécuritaire chez le Yémen voisin.

Les interlocuteurs du pays hôte ainsi que les représentants de la communauté diplomatique ont insisté maintes fois sur le rôle crucial et positif de Sa Majesté le Sultan Qaboos bin Said al Said. Sous son règne, Oman est en effet devenu un modèle de stabilité dans une région très instable. Les représentants diplomatiques ont également noté qu’Oman, qui est membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG), a longtemps mené une politique étrangère indépendante, gardant un équilibre prudent entre le maintien de bonnes relations avec l’Iran et d’un partenariat avec les pays membres du CCG. De plus, Oman est un médiateur international de premier plan dans de nombreux conflits, y compris en Syrie et au Yémen, et a joué un rôle important dans l’accord international historique de 2015 sur le programme nucléaire iranien. Pendant les échanges, Mohammed Awad al Hassan et d’autres interlocuteurs ont avancé que le nucléaire aiderait, à long terme, à réduire les tensions régionales et que l’Iran se montrerait coopératif avec ses voisins. Plus généralement, les représentants du pays hôte ont insisté sur le besoin d’entamer des négociations afin de trouver des solutions politiques aux nombreux problèmes sécuritaires de la région. Concernant le Yémen, le M. al Hassan et d’autres ont affirmé qu’une solution militaire à la crise était impossible. Mettre un terme à celle-ci et aux autres conflits est selon lui une question de « persévérance », mais il a reconnu qu’il n’existait pas de formule magique pour enrayer les hostilités. 

Selon les informations recueillies par les parlementaires de l’OTAN, les problèmes économiques et sociaux ont déstabilisé encore davantage les États du Golfe, y compris Oman. Les prix bas de l’énergie constituent un défi considérable pour les pays producteurs de pétrole de la région. À Oman, ils ont causé une baisse du PIB par habitant d’environ 17 % en 2015, fait particulièrement significatif puisque l’économie d’Oman, comme celle de nombreux pays producteurs de pétrole de la région, dépend fortement des revenus engrangés par le pétrole. Oman et les autres États arabes du Golfe ont entamé des transformations pour rendre leur économie moins dépendante des exportations d’énergie, mais ce processus prendra du temps, ont appris les parlementaires de l’OTAN.

La délégation était constituée de membres de la sous-commission sur les relations transatlantiques et des membres du bureau du Groupe Spécial Méditerranée et Moyen-Orient de l’Assemblée. Le groupe, composé de 20 parlementaires de 9 pays membres de l’OTAN et mené par Oyvind Hallerake (Norvège), s’est rendu à Mascate du 26 au 28 septembre 2016 afin de se forger une vue d’ensemble des défis sécuritaires qui attendent les États côtiers du Golfe, mais aussi de se familiariser avec les solutions envisagées par Oman pour augmenter la stabilité dans la région du Golfe. Lors de sa visite, la délégation a rencontré de hauts responsables du gouvernement omanais et s’est engagée dans un dialogue actif avec le Conseil consultatif (Majlis A’Choura) et le Conseil d’État (Majlis A’Dawla).

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